La théorie du bloc osseux dans l'orthodontie rapide

Les corticotomies segmentaires sont effectuées à la périphérie de la racine de la dent du coté du mouvement recherché, après élévation d’un lambeau de pleine épaisseur.  Ces décortications permettraient un déplacement dentaire avec son bloc osseux périphérique. Ces blocs osseux se déplaceraient indépendamment les uns des autres avec leurs procès alvéolaires.

On peut aussi considérer que l’accélération du mouvement dentaire serait produite  par la diminution de la résistance mécanique de l’os alvéolaire de soutien de la dent.

La théorie du bloc osseux est actuellement controversée au profit de la théorie inflammatoire et de la théorie de moindre résistance osseuse au mouvement dentaire après section de la corticale périphérique de la dent.

 

La théorie de l’inflammation tissulaire

Traumatisme chirurgical et PAR "Phénomène d'Activation Régional"

Après un geste chirurgical sur l’os ou sur les tissus mous FROST remarque un phénomène d’activation-différentiation-réorganisation important qui est proche du site opératoire.

Il s’agit du « Phénomène Activation Régional » ou PAR, il est caractérisé par une augmentation de la vitesse du remodelage et un état d’ostéopénie, proche de l’acte chirurgical.

Selon HENRIKSON et KROOK cet état est passager, il disparaît après cicatrisation.

Dans les semaines qui suivent la chirurgie orthognathique, il a été remarqué que l’alignement dentaire et l’ajustement occlusal effectués par l’orthodontiste sont particulièrement rapides. Selon notre expérience, le patient doit être vu tous les 10 jours pour activer son appareil. En peu de temps une occlusion idéale est réalisée. Ce phénomène est aussi remarqué lors de la phase orthodontique qui suit immédiatement les corticotomies.

En effet, la chirurgie génère une phase tissulaire inflammatoire qui entraine une stimulation ostéogénique du parodonte. Selon les frères Wilcko, l’accélération du déplacement dentaire serait due à un phénomène de décalcification-recalcification du tissu osseux périphérique.

Pour ces auteurs,  les mouvements orthodontiques sont 300 à 400% plus élevés que par les techniques conventionnelles suite au phénomène de décalcification transitoire.

Nous rappelons que le déplacement dentaire génère un état tissulaire inflammatoire qui permet ce mouvement. En voyant le patient tous les 10 jours, ce phénomène inflammatoire initial est entretenu par le déplacement dentaire en cours. Nous considérons que cette phase active exceptionnelle consécutive aux corticotomies est étalée sur une période de 8 à 12 semaines. Ce phénomène pourrait être prolongé jusqu’à 14 semaines chez certains patients.

Pendant ces trois mois d’activation avec des rendez vous tous les dix jours, les changements d’arcs sont parfois douloureux. Cela est variable selon les patients.

 

Vers une théorie synthétique de l'orthodontie rapide: L’accélération du déplacement dentaire

Le déplacement dentaire serait facilité par le déplacement du « bloc osseux » circonscrit par la corticotomies. La dent se déplacerait en même temps que le « bloc osseux » auquel elle est attachée. La « plaquette » de corticale osseuse et le desmodonte isolés par la corticotomie périphérique se déplacent en même temps que la dent.

Selon une autre théorie, l’accélération du mouvement orthodontique serait due à une fragilisation ou à une diminution de la résistance mécanique de l’os alvéolaire.

Cette accélération, selon une hypothèse italienne serait la conséquence de la luxation dentaire mono-corticale engendrée par l’association de corticotomies et de forces orthodontiques.

Selon VERCELLOTTI et BERTOSSI, le mouvement semblerait se rapprocher d’une distraction ostéogénique.

Pour DIBART, SEBAOUN, l’accélération du déplacement serait due à l’augmentation du « turn over » cellulaire osseux et à l’état d’ostéopénie engendré par les corticotomies. Pour eux, le mouvement serait comparable à « un transport de la matrice osseuse » péri-dentaire.

Actuellement, hypothèse mécanistique du « bloc osseux » semble être réfutée.

WANG  et LEE comparent les réactions tissulaires post-chirurgicales des corticotomies et des ostéotomies. Ces deux techniques permettent d’accélérer le mouvement dentaire, mais les réactions osseuses qu’elles provoquent sur le plan biologique et histologique sont différentes. Les ostéotomies provoqueraient un déplacement des dents par une réaction de type distraction ostéogénique. 

Les corticotomies provoqueraient une réaction de type PAR. 

  1. Les ostéotomies provoqueraient un déplacement des dents par une réaction de type distraction ostéogénique.                                                                                                             
  2. Les corticotomies provoqueraient une réaction de type PAR.

Suite

  1. Analyse des procédures thérapeutiques
  2. Cas d'orthodontie rapide d'apnée du sommeil 
  3. Cas d'orthodontie rapide de prognathie chez l'adulte
  4. Etude de cas de traitement d'orthodontie rapide
    1. Cas 1 : apnée du sommeil
    2. Cas 2 : Prognathie