LES INDICATIONS THERAPEUTIQUES

(Patients traités par le Dr Jean-Jacques AKNIN) 

 

Cette assistance chirurgicale par corticotomies permet une réduction du temps de traitement orthodontique de 24 mois à 30 mois, en 6 ou 9 mois.

L’orthodontie accélérée est préconisée dans les traitements suivants :

 

Traitement en orthodontie rapide de l’adulte

C’est l’indication majeure, elle permet de rapidement corriger la malocclusion mais surtout elle permet de servir d’ancrage réciproque par sélection des zones à corticotomiser en intra ou en inter-arcades. Cette indication peut aussi être  limitée à un groupe de dents ou même à une unité dentaire isolée.  Cette action peut faciliter la distraction-intermaxillaire et éviter une ostéotomie chez un sujet en classe II dentaire et en classe I squelettique grâce à la possibilité du recul en masse maxillaire qui offrira une moindre résistance après corticotomies.

 

Traitement de l’adolescent en denture adulte jeune

Les corticotomies peuvent aussi être utilisées chez le sujet en denture adulte jeune qui peut même présenter une croissance résiduelle des procès alvéolaires qui ne sera pas altérée par ce geste chirurgical.

Le traitement par corticotomies facilite les fermetures d’espaces d’extractions orthodontiques.

 

Préparation orthodontique dans les traitements chirurgico-orthodontiques.

 Lors de la préparation orthodontique pré-chirurgicale il peut être effectué une correction des compensations dento-alvéolaires sans extractions orthodontiques dans un temps limité à 6 mois.

Cette correction des compensations associée aux corticotomies nécessite la pose de plaques vissées postérieures servant d’ancrage pour le recul en masse mandibulaire.

Traitement chirurgico-orthodontique. Préparation orthodontique : Pose
de plaque en T postérieures pour recul en masse de l’arcade mandibulaire
permettant la décompensation dento-alvéolaire visualisée par le redressement de
l’axe de l’incisive mandibulaire (chirurgie : JL Béziat)   

Traitement chirurgico-orthodontique. Préparation orthodontique : Pose de plaque en T postérieures pour recul en masse de l’arcade mandibulaire permettant la décompensation dento-alvéolaire visualisée par le redressement de l’axe de l’incisive mandibulaire (chirurgie : JL Béziat)

 

 Ce recul en masse permet la décompensation et le redressement axial de l’incisive mandibulaire en situation de version compensatrice dans les classes II.

Préparation orthodontique pré-chirurgicale : correction des compensations
dento-alvéolaires. Traction par chaînettes élastomériques pour un recul en
masse et un redressement de l’axe de l’incisive mandibulaire par linguo-version
à partir de plaques vissées postérieures et après corticotomies. La traction
est effectuée  en deux phases, la
chaînette élastomérique est appliquée sur la canine qui entraîne les secteurs
latéraux puis sur la boucle de l’arc pour un recul des incisives.

Préparation orthodontique pré-chirurgicale : correction des compensations dento-alvéolaires. Traction par chaînettes élastomériques pour un recul en masse et un redressement de l’axe de l’incisive mandibulaire par linguo-version à partir de plaques vissées postérieures et après corticotomies. La traction est effectuée  en deux phases, la chaînette élastomérique est appliquée sur la canine qui entraîne les secteurs latéraux puis sur la boucle de l’arc pour un recul des incisives.

Les corticotomies peuvent aussi être utilisées dans les cas de disjonction intermaxillaire du traitement de l’endognathie maxillaire par distraction osseuse. En effet,  des corticotomies à l’arcade maxillaire concomitantes facilitent l’alignement dentaire immédiatement consécutif à la DIM et la fermeture immédiate du diastème inter-incisif immédiatement consécutif à l’éloignement des hémi-arcades droite et gauche. Cette fermeture immédiate évite l’étirement iatrogène du tissu gingival qui apparaît à l’ouverture du diastème qui suit l’écartement des deux hémi-arcades.

 DIM après corticotomies inter-dentaires de 15 à 25. Ces corticotomies
accélèrent l’alignement des dents maxillaires, la correction des compensations
de 3ème Ordre et leur parallélisme. (chir :JL Béziat)

 DIM après corticotomies inter-dentaires de 15 à 25. Ces corticotomies accélèrent l’alignement des dents maxillaires, la correction des compensations de 3ème Ordre et leur parallélisme. (chir :JL Béziat)

 

Redressements d’axes, Ingressions, mésialisation, distalisation

 

Schémas de différentes corticotomies en fonction du mouvement
recherché ; 

 a : alignement, b : ingression, c : égression, d :
fermeture d’espace, e : distalisation molaire, (schémas :JL Béziat,
2010).

Schémas de différentes corticotomies en fonction du mouvement recherché ;

a : alignement, b : ingression, c : égression, d : fermeture d’espace, e : distalisation molaire, (schémas :JL Béziat, 2010).

Ces indications facilitent le redressement axial de molaire nécessaire avant le traitement prothétique.

Elles facilitent aussi l’Ingression de molaire égressée qui n’avait pas de dent antagoniste et autorisent ainsi la pose d’un implant au niveau de l’arcade antagoniste en libérant ainsi la hauteur coronaire suffisante.

A titre d’exemple nous pouvons évoquer la mésialisation de molaires après extractions de 75 et 85 en cas d’agénésies de secondes prémolaires ou la distalisation d’une unité dentaire dans un secteur édenté.

 

Fermeture d’espaces

Les corticotomies facilitent l’aménagement d’une arcade dentaire et la gestion des espaces d’extractions orthodontiques.

Nous pouvons à titre d’exemple évoquer la mésialisation asymétrique d’une seconde molaire après extraction d’une première molaire dans la mesure où la dent de sagesse est présente derrière cette seconde molaire qui doit être mésialée.

Redressement d’axe molaire après corticotomies mésiales à 37.   

Redressement d’axe molaire après corticotomies mésiales à 37.

 

Miniplaque en « T » qui permet la correction des
compensations alvéolo-dentaires mandibulaires par un recul en masse permettant
le redressement des incisives mandibulaires sur leur base squelettique.   

Miniplaque en « T » qui permet la correction des compensations alvéolo-dentaires mandibulaires par un recul en masse permettant le redressement des incisives mandibulaires sur leur base squelettique.

 

Ces mésialisations sont facilitées par la pose de miniplaques ou vis d’ancrage qui évitent des appuis dentaires générateurs de mouvements parasites notamment sur les incisives. Les miniplaques évitent les mouvements parasites de la Résistance Stabile, les corticotomies facilitent le mouvement dentaire de la résistance mobile.

 

Dents incluses

Les corticotomies sont effectuées du côté de la zone d’éruption et mise en place d’une traction orthodontique immédiate.

Canine maxillaire retenue en dystopie palatine, avulsion de la 63 suivie des
corticotomies, la dent est mise sous traction orthodontique et nivelée quatre
mois plus tard. (chir :P Jaby, AG Chaux-Bodard)

Canine maxillaire retenue en dystopie palatine, avulsion de la 63 suivie des corticotomies, la dent est mise sous traction orthodontique et nivelée quatre mois plus tard. (chir :P Jaby, AG Chaux-Bodard)

Traitement du déficit d’espace par expansion d’arcade

Réalisation d’un tunnel à l’aide d’un élévateur en vue de l’injection d’une
greffe osseuse (Sebaoun in Strippoli)   

Réalisation d’un tunnel à l’aide d’un élévateur en vue de l’injection d’une greffe osseuse (Sebaoun in Strippoli)

 

Les corticotomies dans les mouvements d’expansion vestibulaire permettent une migration vestibulaire de la dent avec sa corticale. Cette possibilité réduit le risque de déhiscence gingivale dans ce type de mouvement. Sans les corticotomies, en cas de biotype parodontal fin, le mouvement vestibulaire peut entraîner une déhiscence gingivale et osseuse. La migration vestibulaire avec l’os alvéolaire de recouvrement réduit ce risque. Pour cette raison les techniques de corticisions (Surmenian, Dibbart et Sebaoun) préconisent en outre des greffes osseuses par tunnélisation au moment de la corticocision.

 

Torque en orthodontie rapide

Traitement des Classes II division 2

Ces corticotomies inter-radiculaires et apicales facilitent l’application du torque dans le traitement de ces malocclusions où les incisives présentent du « rabbiting » (linguoversion coronaire des incisives maxillaires).

Préparations orthodontiques pré-chirurgicales

Pour certaines préparations orthodontiques pré-chirurgicales qui nécessitent une impaction maxillaire différentielle et obligent ainsi à prévoir un torque important au niveau incisif avant l’intervention de Lefort 1 qui va impacter majoritairement la partie postérieure du maxillaire et entraîner un déplacement radiculo-vestibulaire des incisives maxillaires. Dans ces cas, lors de la préparation orthodontique pré-chirurgicale, il faut prescrire une angulation de torque radiculo-palatin correspondant à la rotation du plan occlusal généré par la chirurgie. L’application de ce torque est bien souvent difficile, les corticotomies faciliteront ce déplacement radiculaire. Il faut cependant noter que dans ce cas la corticotomie vestibulaire ne va pas dans le sens du mouvement souhaité. Le mouvement de l’apex est palatin. L’aspect inflammatoire seul facilite le déplacement radiculaire palatin.

Plaques vissées et corticotomies. Après décompensation dento-alvéolaire,
sans extractions de prémolaires.   

Plaques vissées et corticotomies. Après décompensation dento-alvéolaire, sans extractions de prémolaires.

 

Céphalogramme post-chirurgie bi-maxillaire dont avancée mandibulaire
de 11mm,(chir :J L Béziat)   

Céphalogramme post-chirurgie bi-maxillaire dont avancée mandibulaire de 11mm,(chir :J L Béziat)

 

Application du torque mandibulaire des secteurs latéraux

Les corticotomies facilitent ce redressement vertical des molaires qui présentent une inclinaison corono-linguale importante de compensation l’endognathie maxillaire.

 

Patient présentant des racines à risques de résorption.

 

Les corticotomies évitent l’application de forces importantes sur les dents mobilisées donc présentent moins de risques d’apparition iatrogène de résorptions radiculaires.

 

Correction des malocclusions de classe II ou de classe III non chirurgicales.

Les corticotomies permettent l’application d’un Ancrage sélectif en différentiant la Résistance Stabile non corticotomisée de la Résistance Mobile qui est coticotomisée. Cette différenciation peut être effectuée en intra-arcade et/ou en inter-arcades,  pour la correction de la malocclusion.

  • Ancrage intra-arcade
  1. Recul en masse de l’arcade maxillaire par une mécanique de classe II après corticotomies seulement au maxillaire.
  2. Rétraction du bloc incisivo-canin avec corticotomies individualisées dans le seul secteur antérieur de l’arcade dentaire. La partie postérieure prémolo-molaire sert de Résistance Stabile et d’ancrage intra-arcade.
  • Ancrage inter-arcade
  1. Mécanique de classe II, après corticotomies maxillaire et mandibulaire pour une correction de la classe II par recul en masse maxillaire et mésialisation de l’arcade mandibulaire. Les deux effets sont conjugués.
  2. Recul en masse de l’arcade maxillaire par
  3. une mécanique de classe II après corticotomies seulement au maxillaire.
  4. La correction de la classe II peut aussi être effectuée par un mouvement mésial en tiroir de l’arcade mandibulaire. Dans ce cas, seule l’arcade mandibulaire peut être corticotomisée.
  5. L’un ou l’autre mouvement peut être sélectionné avec pour chacun de ces mouvements une amplitude quantifiée. Dans ce cas, il faut décaler dans le temps les corticotomies. D’abord maxillaire puis deux mois plus tard mandibulaires pour provoquer la mésialisation en masse de l’arcade mandibulaire.

 

 

LES CONTRE-INDICATIONS THERAPEUTIQUES

 

La présence des germes dentaires en denture mixte contre-indique cette intervention.

 

Traitement de l’enfant

La présence des germes dentaires en denture mixte contre-indique cette intervention.

 

Toute contre-indication médicale :

  • Cardiopathie, patients diabétiques (se prescrire à l’avis médical)
  • Troubles de l’hémostase (avis médical)
  • Patients prémédiqués (sous anticoagulants, sous IMAO, antiépileptiques, immuno-suppresseurs, corticostéroïdes, biphosphonates)

Parodontopathie avancée

  • Sujet présentant une parodontite : le déplacement dentaire accéléré associé aux corticotomies entraîne une augmentation du remodelage osseux nécessitant l’intégrité du ligament parodontal, un parodonte sain.
  • Sujet présentant une importante perte de hauteur d’os alvéolaire

 

Hygiène gingivo-dentaire déficitaire

 

Compliance limitée ou sujet pusillanime

 

Gros fumeurs